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EUROPE : AMOUR OU CHAMBRE À PART ?
SYLVIE GOULARD, Députée européenne


Présentation de l’Ouvrage édité en septembre 2013 chez Flammarion.

Quand on regarde les problèmes sans complaisance, sans nationalisme, ils ne sont pas insurmontables ; pour l’essentiel, ce sont les Européens qui les créent ou les entretiennent par manque de confiance en eux ou d’imagination.

L’histoire des deux derniers siècles a déjà prouvé que, livrés à eux-mêmes, les Etats souverains sont souvent impuissants à agir pour le bien commun quand ils n’en viennent pas à se déchirer ; ceux qui font miroiter un retour en arrière dans le giron des Etats nations sont égarés par la nostalgie ; ce serait au contraire un saut dans l’inconnu aux conséquences insoupçonnées car l’échec de la construction européenne saperait aux yeux de monde et sans doute pour longtemps le crédit de tous les Etats qui y ont participé.

Europe : amour ou chambre à part ?

Meurtris, privés d’horizons communs, les Européens perdent confiance ; lors des élections européennes de 2014, ils diront leur colère comme ils l’ont déjà fait sentir dans les scrutins nationaux.

L’Europe se meurt ? À qui la faute ? À ses adversaires et à leurs outrances ou à ses partisans et à leurs insuffisances ?

L’Europe périt, faute de soins, elle est assassinée sous nos yeux à coups de médiocrité et de nationalisme ; ce sont les soi-disants élites, ce sont les dirigeants nationaux qui détruisent ce qu’ils prétendent construire, qui séparent ceux qu’ils entendent unir.

J’entends d’ici les souverainistes ricaner ; ils l’avaient bien dit ! la construction européenne ne mène à rien ! l’euro est un projet funeste ! ils en déduiront qu’il faut l’abandonner afin de récupérer la souveraineté nationale.

En appelant les pompes funèbres sans consulter le médecin, ils vont trop vite en besogne ; ils se bornent à dénigrer l’Europe fédérale bien qu’elle n’est jamais été tentée et à prôner la coordination des politiques nationales bien qu’elle ait déjà échoué.

La Communauté européenne, solidaire, dotée d’institutions fortes et indépendantes n’est pas née du hasard mais d’une analyse de l’échec de la coopération intergouvernementale durant l’entre deux guerres : la coordination est une chimère ; elle n’a pas fonctionné à la Société des Nations, elle ne fonctionne ni aux Nations Unies, ni au G20 où les grandes déclarations sont rarement suivies d’effets : elle ne fonctionne pas plus dans la zone euro où, comme nous pouvons le voir actuellement, elle aboutit à l’impuissance et à la cacophonie.

À défaut d’attachement à l’héritage des pères fondateurs, la crise au moins devrait dessiller les yeux : l’Europe des Etats, menée à la baguette par les gouvernements, est un échec ; justifiée par la protection des intérêts nationaux, elle aboutit à des compromis si mauvais qu’on peut de demander en quoi elle les a effectivement préservés.

C’est au nom de la France que je dénonce l’entreprise de démolition de l’Europe qui est en cours.

C’est au nom de la France que je voudrais me dissocier des pratiques qui dressent dangereusement les peuples contre les autres.

C’est au nom de la France que je réprouve ce qui constitue une défaite de la raison : vouloir l’union en organisant la désunion, prétendre s’aimer et faire chambre à part.

Vu la gravité de la situation, il faut cependant passer à autre chose ; nous ne traversons pas une zone de turbulence, nous vivons la fin d’une époque liée à des bouleversements mondiaux ; s’il durait, le bricolage actuel deviendrait fatal à l’Europe comme aux Etats qui la composent.

Le Conseil Européen a largement échoué sur un point crucial : restaurer la confiance, donner du sens aux efforts accomplis par les uns et les autres, ouvrir des perspectives équitables.

Pourquoi faire l’Europe, pourquoi partager la même monnaie si c’est pour vivre moins bien ? Les hésitations de nos dirigeants, leurs querelles, finissent par laisser penser qu’ils redoutent surtout les frais de la séparation ; le coût prohibitif du divorce ne suffit pourtant pas à faire un bon mariage ni une famille heureuse ; un doute insidieux s’est installé ; dans les Etats finançant les plans de sauvetage, sur les raisons de leurs mises à contribution ; dans les pays aidés sur la durée de la récession ; dans le reste du monde, sur la pérennité de l’Euro.

Ce sont les émotions, les rêves partagés, les échanges qui donnent aux êtres humains l’envie d’avancer ensemble ; aucun projet d’envergure n’a été lancé par les dirigeants européens pour créer un élan et un espoir.

Les souverainistes ont tort de considérer que l’union des européens est impossible et de jeter l’éponge ; mais les gouvernants actuels ont tort de croire l’union possible sans de sérieux efforts pour y associer les européens.

En cautionnant et pratiquant de plus en plus l’Europe des Etats, les Présidents de la République française successifs apportent leur crédit à des dérives qui font fi de l’enseignement des pères fondateurs européens : la coopération d’Etats souverains doit être insérée dans un cadre institutionnel sinon elle est inefficace.

Avec 1% de la richesse collective consacrée à l’Europe, l’Union ne peut tout simplement pas mener à bien ses missions ; si nos dirigeants continuent de promettre la lune sans donner les moyens de construire la fusée, faut-il s’étonner que les citoyens ne regardent plus le ciel ?

La trahison des élites

Le développement de la planète laisse peu de doutes sur le sens de l’Histoire ; les Européens sont entrain de perdre la position dominante qu’ils détenaient depuis plusieurs siècles ; le risque n’est pas que le monde nous soit hostile, mais qu’il nous traite peu à peu comme une quantité négligeable ; il suffit aux puissances émergentes d’attendre que le rapports de force s’inversent.

Or, face à ces bouleversements sans précédent, les autorités nationales pilotent à vue, oscillant entre incantation européenne et sursauts nationaux.

Se donner les moyens d’agir au niveau mondial, tel est désormais le défi ; lors du passage à l’euro, c’est exactement le choix qui a été fait et qui mérite d’être maintenu.

En décidant de créer une monnaie unique, les européens ont fait un choix politique fondamental : se doter d’une devise à vocation mondiale.

Les partisans d’une sortie de l’euro oublient d’en souligner le coût pour notre réputation : l’échec de la monnaie unique entacherait durablement la signature de la France et de tous les pays qui y ont participé ; les mêmes se gardent de calculer l’impact économique : comment dans la période précédant la fin de la monnaie unique, éviteraient ils la panique, la fuite des capitaux vers des pays plus surs.

Au total, l’opération entrainerait un appauvrissement collectif en général sous estimé.

Les inconvénients d’une sortie de l’euro sont tels qu’il serait irresponsable au lieu de corriger les défauts de l’union économique et monétaire, de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Les bénéfices à attendre d’un abandon de l’euro sont parfaitement illusoires ; les souverainistes ont le vent en poupe ; par le passé, il est arrivé pourtant qu’ils se trompent lourdement.

Par respect pour nos ainés, nous devrions réfléchir à deux fois avant de continuer à démolir l’Europe car rien n’est plus désolant que de voir les enfants gâtés dilapider un héritage patiemment construit ; l’Europe n’appartient pas à notre génération ; nous en sommes seulement les dépositaires.

Nous vivons sur le continent le plus sur, le plus stable, le plus juste, le plus plaisant de la planète ; au lieu de nous égarer dans la régression intergouvernementale, nous devrions travailler encore à perfectionner ce que nous avons créé avec succès.

Oui, avec succès ! les Européens n’ont pas à rougir de ce qu’ils on accompli depuis 1945 ; quand de grandes puissances comme la Chine et le Japon en sont encore à se défier militairement pour quelques cailloux du Pacifique, quand le Proche Orient se déchire encore pour la possession de territoires, pourquoi ne prenons nous pas conscience de ce que nous avons accompli ?

Quelles que soient les défaillances à corriger, et elles sont nombreuses, nous devrions cesser de déprécier notre savoir-faire à l’heure où il devient de plus en plus difficile de bâtir une gouvernance mondiale ; à l’échelle du monde et de l’histoire, la coopération européenne reste un succès sans équivalent.

Une insoutenable légèreté

La France veut-elle garder à Strasbourg une institution qu’elle respecte ou un paillasson qu’elle foule au pied ? Les gouvernements européens sont-ils fondés à déplorer l’absentéisme aux élections européennes quand ils traitent eux-mêmes ce Parlement avec tant de mépris ?

La désignation du futur Président de la Commission en 2014 fera figure de test de la bonne volonté des dirigeants nationaux à faire progresser la démocratie en Europe ;le traité de Lisbonne a en effet accru le rôle des élections européennes dans la désignation du Président de la Commission, longtemps confiée aux seuls chefs d’Etat et de gouvernement ;donner au scrutin européen un caractère supranational qui, jusqu’à présent lui a fait défaut, serait extrêmement positif ; cela conférerait au Président de la Commission une légitimité renforcée.

À toutes ces faiblesses de la démocratie de l’Union Européenne, s’ajoute cette délicate question de la légitimation des décisions de la zone euro ; faut-il créer une représentation de la zone euro au sein du Parlement européen ?

Les gouvernements et les technostructures nationales ont envahi le champ communautaire; d’où l’ampleur des dégâts ; le temps joue désormais contre l’Europe ; derrière les beaux discours perce l’incohérence consistant à détruire ce qu’on prétend construire.

Le fédéralisme n’est rien de plus qu’une forme d’organisation des pouvoirs publics qui permet à des individus d’exercer certaines prérogatives avec d’autres, dans des domaines identifiés tout en préservant une capacité de décision autonome dans d’autres domaines ; c’est un outil qui se révèle assez adapté aux gouvernements d’ensembles humains complexes.

Une organisation fédérale apporterait des garde fous et plus de transparence à la place de l’opacité des négociations intergouvernementales.

Changer d’échelle, changer d’époque

Nos dirigeants se flattent d’être aux commandes ; qu’ont-ils fait de l’Europe ? Où est le souffle, où est l’élan ? Où est l’équipe européenne qui nous donnerait envie de jouer ensemble sans se perdre dans des querelles nationaliste et des calculs à courte vue ?

Les gouvernements européens et les soi-disants élites qui les entourent, hésitent en permanence ; enfants gâtés, ils veulent tout et son contraire ; l’unité avec les avantages que procurent l’euro et la souveraineté comme si les monnaies nationales existaient encore ; la compétitivité avec les profits qu’elle génère, mais pas les efforts de réforme.

Ils disent qu’ils tiennent la barre mais ils hésitent à fixer un cap ; sur la photo de famille, ils se poussent pour incarner l’Europe, mais quand il s’agit d’en expliquer les contraintes, ils disparaissent comme par enchantement.

À ce petit jeu, nous courons à notre perte ; la prospérité, la concorde, soixante ans d’efforts de rapprochement sont en jeu.

L’Europe fournit un point de cristallisation quasiment, naturel aux mécontentements nés de la crise économique et du chômage ; elle offre une cible parfaite aux frustrations anticapitalistes et aux nostalgies nationales ; une partie de l’opinion peut oublier que c’est par l’ouverture des frontières et l’abandon d’un protectionnisme traditionnel que les Français ont vu tripler leur niveau de vie depuis 1950. Le discours antieuropéen est un discours démagogique de décadence, sous les traits d’une prédication nationale.

La CECA qui a scellé la paix, la politique agricole commune qui a garanti l’indépendance alimentaire des européens, Airbus, Ariane Espace, Erasmus, ces mots disent-ils encore quelque chose à ceux qui nous gouvernent ? À l’édifice d’hier, quelles pierres notre génération va-t-elle apporter ?

Le statu quo n’est pas tenable ; ou nous créons la puissance publique européenne, démocratique que l’euro appelle, ou tout l’édifice européen sera emporté.

Ce serait un gâchis phénoménal ; il suffit de voyager hors d’Europe pour prendre conscience du potentiel de la monnaie unique, pour réaliser combien un euro solide, une Europe forte bouleverseraient la donne stratégique globale ; pour voir aussi ce qu’est la qualité de vie en Europe, malgré la crise.

L’Europe requiert des efforts, comme Schuman l’a affirmé en 1950, comme le chancelier Kohl et François Mitterand l’ont confirmé en 1990. Elle ne tombe pas du ciel ; elle ne dépend pas de sympathies ou d’antipathies de personnes, de connivences politiciennes ; c’est un impératif historique.

Ce qu’il faut faire pour la zone euro ? Arracher nos oeillères, transcender nos vieux réflexes voir que l’intérêt commun est dans la concorde et la mise en place d’institutions européennes efficaces et légitimes ; changer d’échelle et changer d’époque ensemble, ne pas avoir peur de nos ombres, aller vite.

Voilà l’enjeu véritable des élections européennes de 2014 : faire l’Europe enfin !

et agir

Réflexions et propositions pour l'avenir
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○ Le manifeste

• Solidarité et responsabilité, de J. Vignon
• Au delà de la crise, l'espérance, d'Andrea Riccardi
• L'Europe, une aventure spirituelle, de J. Delors

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• Qu'avons-nous fait de l'Europe, de S. Maillard
• R. Schuman et l'Europe d'aujourd'hui
• Europe : Amour ou chambre à part, de S. Goulard
• Pour l'Europe de R. Schuman
• R. Schuman, le père de l'Europe de René Lejeune

- Rapports
• Vivre ensemble au XXI siècle, Conseil de l'Europe :
○ Résumé
○ Rapport
• Europe et migrations


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• Fondation Robert Schuman :
○ Réforme de l'Union
○ L'Europe dans la mondialisation
○ L'Europe sociale

○ L'Union politique
○ Coûts salariaux

Les initiatives et évènements
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• Le procès de Robert Schuman

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Les performances de l'Europe
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Préparation des élections européennes
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○ Février
Janvier
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L'europhobie
• Pourquoi l'europhobie ?

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Perspectives après les élections européennes
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