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ROBERT SCHUMAN ET L’EUROPE D’AUJOURD’HUI

Extraits de son ouvrage « Pour l’Europe »

Dans pour l’Europe, R. Schuman n’élude aucune des interrogations légitimes qu’on peut nourrir vis-à-vis de projet européen : la nation, le fédéralisme, la culture et les racines de l’Europe ; il les analyse simplement avec lucidité et honnêteté et contribue très clairement à apaiser bien des débats passionnés qui ont accompagné le rêve européen ; les écrits de RS dévoile une pensée profonde et une vision très claire de l’avenir du continent.

Ses réflexions ont abouti à l’impératif de la construction de l’Europe, elles ont la valeur d’un message ; loin de tout esprit polémique, loin des aléas du moment, il apporte le témoignage de son inébranlable conviction.

« Nous avons senti que nous étions à la croisée des chemins : une option était à prendre qui pouvait être déterminante dans le sens du meilleur et du pire » ; le 9 mai 1950 le Gouvernement français a choisi l’Europe ».

« Les dures leçons de l’histoire m’ont appris à se méfier des improvisations hâtives, des projets trop ambitieux mais elles m’ont appris également que lorsqu’un jugement objectif mûrement réfléchi, basé sur la réalité des faits et de l’intérêt supérieur des hommes, nous conduit à des initiatives nouvelles, voire révolutionnaires, il importe , même si elles heurtent les coutumes établies, les antagonismes séculaires et les routines anciennes, de nous tenir fermement et de persévérer ; l’Europe ne se fera pas en un jour ni sans heurts ; rien de durable ne s’accomplit dans la facilité.

Le sentiment de la solidarité des nations l’emportera sur les nationalismes désormais dépassés ; le supranational reposera sur des assises nationales ; il n’y aura aucun reniement d’un passé glorieux mais un épanouissement nouveau des énergies nationales, par leur mise en commun au service de la communauté supranationale.

Il ne s’agit pas de fusionner des Etats, de créer un super Etat ; nos Etats européens sont une réalité historique ; il serait impossible de les faire disparaître ; leur diversité est même très heureuse et nous ne voulons ni les niveler, ni les égaliser.

Mais il faut une union, une cohésion, une coordination ….au point de vue politique, l’entente durable, organique, instituée entre les différents pays, doit permettre de pacifier cette Europe divisée ; il n’y a rien de tel que la coopération et la prospérité que nous espérons atteindre, pour établir l’entente entre les pays voisins.

L’Europe ne saurait être une zone d’influence à exploiter, réservée à une domination quelconque, politique, militaire ou économique ; mais elle doit pour exister réellement être régie par le principe de l’égalité des droits et des devoirs pour tous les pays ainsi associés.

La loi démocratique de la majorité limitée aux problèmes essentiels de l’intérêt commun sera en définitive moins humiliante à subir que les décisions imposées par le plus fort.

Cette Europe a comme raison d’être la solidarité et la coopération internationales, une organisation rationnelle du monde dont elle devra constituer une partie essentielle.

Nous ne pouvons réfuter le nationalisme de l’autre en lui opposant notre propre nationalisme ; la vague des nationalismes ne pourra être conjurée que par une politique constructive et collective dans le cadre de laquelle chacun trouvera son compte, grâce à une solidarité effective des intérêts et des efforts.

Il faut que chacun soit pénétré de cette conviction que nous avons besoin les uns des autres sans distinction : nos moyens propres ne sont plus à l’échelle de nos besoins ; il n’y a aucune humiliation à reconnaître un tel changement de situation ; notre refus de nous y conformer serait le signe d’un orgueil dangereusement déplacé.

L’isolement est devenu non seulement une cause de faiblesse mais une cause de déchéance.

La politique européenne dans notre esprit n’est absolument pas contradictoire avec l’idéal patriotique de chacun de nous ; il en est ainsi pour toute organisation surpranationale qui dépasse la nation non pour la diminuer ou l’absorber mais pour lui conférer un champ d’action plus large et plus élevé ; la nation a une vocation non seulement à l’égard de ses propres nationaux mais aussi et autant à l’égard des autres nations : elle ne saurait donc s’enfermer dans le premier ce ces rôles.

Après deux guerres mondiales, nous avons fini par reconnaître que la meilleure garantie pour la nation ne réside pas dans son splendide isolement ni dans sa force propre, quelle que soit sa puissance, mais dans la solidarité des nations qui sont guidées par un même esprit et qui acceptent des tâches communes dans un intérêt commun.

Le national s’épanouit dans le supranational ; la politique européenne a pour objet de fournir aux peuples libres de l’Europe une structure organique susceptible de mettre un terme à l’anarchie dans laquelle ils se débattent, impuissants, parce que incapables de maîtriser par leurs propres moyens les énormes problèmes qui s’imposent à eux.

On peut affirmer que tous les grands problèmes qui étreignent les pays sortis de la guerre ont revêtu un caractère international et échappent à l’autonomie politique et économique des pays , même les plus puissants.

L’approvisionnement en matières premières, les questions relatives à la main d’œuvre et au chomage, l’angoissant problème des réfugiés et des personnes déplacées, la modernisation de notre équipent industriel et agricole, les échanges internationaux et le sort des monnaies ; dans tous les domaines, , rien d’efficace et de durable ne peut se faire dans l’isolement lorsqu’un Etat est réduit à ses seules ressources.

Plus un territoire est étendu, varié dans sa faculté de produire, plus il a de souplesse pour s’adapter aux fluctuations économiques, mieux il sera armé contre les crises qui le guettent.

Il est de l’intérêt de l’Europe d’être maîtresse de sa destinée ; le morcellement de l’Europe est devenu un absurde anachronisme.

Etre jaloux de son indépendance est naturel et légitime mais le splendide isolement est devenu une erreur, une prétention insoutenable ; au dessus de chaque patrie, nous reconnaissons de plus en plus distinctement l’existence d’un bien commun, supérieur à l’intérêt national ; ce bien commun dans lequel se fondent et se confondent les intérêts individuels de nos pays.

La loi de la solidarité des peuples s’impose à la conscience contemporaine ; nous nous sentons solidaire les uns des autres dans la préservation de la paix, dans la lutte contre la misère, dans la sauvegarde de la justice et de la dignité humaine.

Nous avons acquis la conviction par la démonstration des faits que les nations, loin de se suffire à elles-mêmes, sont solidaires les unes des autres ; que la meilleure manière de servir son propre pays est de lui assurer le concours des autre par la réciprocité des efforts et par la mise en commun des ressources.

Les continents et les peuples dépendent plus que jamais les uns des autres, tant pour la production des biens que pour leur commercialisation, tant pour l’échange des résultats de la recherche scientifique que pour celui de la main d’œuvre indispensable ; l’économie politique devient inévitablement une économie mondiale.

Nous avons tendu la main à nos ennemis d’hier pour construire ensemble l’Europe de demain ; cette politique nouvelle est à la base de solidarité et de confiance progressive : elle constitue un acte de foi, non pas comme celui de J.J. Rousseau , dans la bonté humaine, mais un acte de foi dans le bon sens des peuples, enfin persuadés que leur salut réside dans une entente et dans une coopération solidement organisées entre eux qu’aucun gouvernement ainsi associé ne pourra plus s’y soustraire.

Que cette idée d’une Europe réconciliée unie et forte soit désormais le mot d’ordre pour les jeunes générations désireuses de servir une humanité enfin affranchie de la haine et de la peur et qui réapprend, après de trop longs déchirements, la fraternité chrétienne.

Bein entendu, il ya lieu de procéder par étapes, dans des secteurs mûrs où des facilités techniques particulières laissent prévoir un résultat spectaculaire.

Il faut préparer les esprits à accepter les solutions européennes en combattant partout les étroitesses du nationalisme politique, du protectionnisme autarcique et de l’isolationnisme culturel ; à touts ces tendances qui nous sont léguées par le passé, il faudra substituer la notion de solidarité, c’est-à-dire la conviction que le véritable intérêt de chacun consiste à reconnaître et à accepter dans la pratique l’interdépendance de tous ; l’égoïsme ne paye plus.

L’unité de l’Europe ne se fera ni uniquement, ni principalement par les institutions européennes : leur création suivra le cheminement des esprits ; d’où l’importance d’une libre circulation des idées et des hommes entre les pays européens :

Supprimer les barrières n’est pas tout, il faut organiser la coopération ; celle-ci suppose avant tout la multiplicité des contacts personnels, échanges, stages, congrès voyages d’études, expositions, etc.

« Il est facile pour les adversaires de notre politique de faire naître des inquiétudes et des susceptibilités nationales ; c’est la France, nous dit-on, qui fait les frais de l’opération ; mais l’Europe contemporaine doit être faite d’une coexistence qui ne soit pas un simple agglomérat de nations rivales, périodiquement hostiles, mais une communauté d’action librement concertée et organisée.

Avons-nous fait jusqu’ici fausse route ? Le résultat dépendra dans une large mesure de la valeur des hommes que nous avons en face de nous, de leur compréhension, de leur sincérité.

Des options de ce genre ne vont jamais sans risques ; ce qui nous a déterminé à les accepter, c’est la certitude des échecs antérieurs ; les anciennes méthodes ont fait faillite :

Nous avons pu liquider à l’amiable, par des sacrifices réciproques, l’intégrité du contentieux qui séparait la France et l’Allemagne ; cette réconciliation, bien plus, notre coopération s’est révélée non seulement possible mais profitable pour chacun des deux et pour l’Europe entière ».

L’intégration économique ne se conçoit pas à la longue sans intégration politique.

Si nous avons donné la préférence au Marché Commun, c’est que nous y trouvons un ensemble de garanties et de normes régulatrices qui préviennent les déboires d’une liberté sans frein ; nous pratiquons une politique commune, réglée par un statut légalement établi, muni de clauses de sauvegarde, efficaces et souples.

La route vers l’Europe nous a menés en 1950 à une bifurcation où il a fallu faire un choix ; jusqu’en 1950, il n’y avait pas eu d’exemples d’une institution se plaçant au-delà et au dessus de la souveraineté nationale ; celle-ci continuait à être considérée comme inviolable ; comment faire accepter une autorité collective ? La France l’ a tenté en 1950. Elle a su l’emporter malgré les hésitations et les objections que suscitaient la routine et la méfiance ; elle l’a fait à propos de deux industries clés : le charbon et l’acier ; pour la première fois en Europe, il y eut ainsi entre autres une législation antitrust, une politique sociale contrôlée par des organismes où coopèrent à égalité employeurs et travailleurs des six pays associés.

L’idée de base qui prenait ainsi corps pour la première fois et cela sur le plan international, était celle de la communauté à durée pratiquement illimitée, régie par un statut dont l’observation est sanctionnée par une cour de justice impartiale et indépendante ; la gestion de la Communauté est confiée à une Haute Autorité qui dispose d’un pouvoir de décision soustrait à toute autorité nationale, gouvernementale ou législative.

Il n’est donc pas étonnant qu’après cette réussite de l’expérience, on ait voulu l’étendre à un domaine plus large.

Les évènements nous prouvent chaque jour que nous n’avons pas une minute à perdre ; mais comment poursuivre le développement de la politique européenne ?

Il faut avant tout appliquer les traités dans leur lettre et dans leur esprit ; avec toute la souplesse requise en une telle matière, mais sans aucun reniement des objectifs ni des principes ; et il fau préparer les étapes ultérieures.

L’intégration économique que nous sommes entrain de réaliser ne se conçoit pas à la longue, sans un minimum d’intégration politique ; c’est un complément logique, nécessaire ; il faut que l’Europe nouvelle ait un soubassement démocratique ; l’intégration européenne doit éviter les erreurs de nos démocraties nationales, surtout les excès de la bureaucratie et de la technocratie.

Il faut que la population, par des représentants spécialement élus, soit en état de suivre et d’aider le développement des institutions ; il faudra donc , dans un avenir pas trop éloigné, prévoir l’élection au suffrage universel direct, des membres de l’assemblée qui exerce les pouvoirs de délibération et de contrôle ; il est certain que la conscience d’une Europe unie s’accentuerait et prendrait davantage corps si elle pouvait s’affirmer périodiquement par un vote à l’échelle européenne.

Une autre étape serait plus importante et plus difficile ; il s’agirait d’intégrer non seulement les électeurs mais les politiques ; les décisions à portée internationale ne pourraient être prises qu’en commun par les Etats associés.

Je ne crois pas que nous soyons mûrs pour un tel transfert de responsabilités ; j’estime que ce serait brûler les étapes, s’engager prématurément et imprudemment dans la voie d’un dessaisissement de la souveraineté nationale sur des points d’importance essentielle.

L’Europe a besoin de mieux vivre en mettant en commun la plénitude de ses ressources ; l’Europe sera plus ou moins complète ; le sera-t-elle jamais ? Nul ne saurait le dire ; ce n’est pas une raison pour remettre à plus tard l’effort d’unification : entreprendre vaut mieux que se résigner, et l’attente de la perfection est une piètre excuse pour l’inaction.

Une réussite partielle n’a pas seulement une valeur de démonstration ; elle est plus qu’un précédent qu’on invoque et qui encourage ; elle est un commencement , un point de départ pour des réalisations plus ambitieuses.

L’Europe se cherche, elle sait qu’elle a en ses mains son propre avenir ; jamais elle n’a été si près du but. Dieu fasse qu’elle ne laisse pas passer l’heure de son destin, l’ultime chance de son salut.

La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques.

L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble, elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait.

et agir

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• L'Europe, une aventure spirituelle, de J. Delors

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• Qu'avons-nous fait de l'Europe, de S. Maillard
• R. Schuman et l'Europe d'aujourd'hui
• Europe : Amour ou chambre à part, de S. Goulard
• Pour l'Europe de R. Schuman
• R. Schuman, le père de l'Europe de René Lejeune

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• Vivre ensemble au XXI siècle, Conseil de l'Europe :
○ Résumé
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