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Journée de l'Europe

Discours du Président du Parlement Européen

Chers Collègues,

Mesdames, Messieurs,

Il y a plus de 60 ans commençait une révolution tranquille qui allait transformer notre monde. C'est sur les tas de ruines laissés par la Deuxième Guerre mondiale que fut posée la première pierre d'un projet qui a abouti à des résultats uniques dans l'histoire de l'humanité :

- Les ennemis d'hier se sont tendu la main pour se réconcilier et sont devenus amis;

- Une région entière en proie à la famine s'est développée et est devenue le marché intérieur le plus prospère du globe;

- Les peuples ont secoué le joug de la dictature et ont fait de leurs Etats des démocraties;

- Nous avons construit un modèle social qui est le plus progressiste et nous sommes doté de la meilleure sécurité sociale de la planète;

- Ensemble, nous avons créé un modèle de société européen qui nous permet chaque jour de mieux vivre ensemble;

- Il s'agit d'un modèle qui associe démocratie et paix, liberté et solidarité, et ce d'une manière unique sur la planète.

Nous pouvons être fiers de cet acquis et nous devons le défendre, sachant d'où nous venons.

"Plus jamais la guerre" se juraient il y a plus de 60 ans des hommes et des femmes qui de sang ne s'étaient pas encore effacées, les blessures n'étaient pas encore cicatrisées, les bâtiments détruits n'étaient pas encore reconstruits que ces hommes et ces femmes ont eu une idée stupéfiante et presque surréaliste compte tenu des circonstances: afin d'éviter que ne se reproduise une catastrophe de l'ampleur de la Deuxième Guerre mondiale, ils proposaient une révolution tranquille, avaient connu deux conflits mondiaux ravageurs, les images de champs de bataille couverts.

- Non plus ériger des murs mais abattre tout ce qui les séparait;

- Non pas écraser une fois pour tout l'ennemi héréditaire, mais lui tendre la main pour l'aider à se relever;

- Non pas vouer les coupables à la damnation éternelle, mais leur pardonner et les intégrer à la société;

- Non pas verrouiller les frontières, mais les ouvrir;

- Plus de protectionnisme des économies nationales, mais une union étroite entre celles-ci.

- Ne plus faire cavalier seul, mais œuvrer ensemble sur la voie de l'avenir, et ce pour le bien de tous.

Avec la Communauté européenne du charbon et de l'acier fut créée, comme son père fondateur Robert Schuman le disait il y a 62 ans jour pour jour "une solidarité de fait".

Cette solidarité se fondait sur la perception de la nécessité que, pour survivre en Europe, au sens prégnant du terme, il fallait apprendre à vivre et à agir ensemble; la perception que les intérêts de chacun étaient indissociables de ceux de ses voisins; la perception que seul on est démuni, tandis que l'union fait la force. Cette perception a permis de créer un modèle de société unique dans l´histoire de l'humanité, un modèle qui nous assure depuis des décennies la paix et la liberté, la démocratie et légalité, la prospérité et la solidarité.

Le courage des fondateurs, qui, s'appuyant sur l'expérience des heures les plus sombres de l'histoire de l'humanité et de la civilisation, ont osé proposer la solution consistant à nous atteler ensemble à une tâche que nous ne pourrions accomplir que dans l'union, ce courage, nous devrions le trouver plus facilement aujourd'hui alors que nous nous débattons dans la crise mais que nous pouvons nous appuyer sur la structure institutionnelle de l'Union européenne.

Pourquoi alors le repli sur la sphère nationale apparaît-il plus séduisant à beaucoup ?

Pourquoi la force centrifuge de la crise nous éparpille t- elle alors qu'il faudrait nous regrouper plus étroitement ?

Aujourd'hui, deux des plus grands acquis de l'intégration européenne sont remis en question : L'euro et la libre circulation.

Qu'est ce qui illustre l'Europe davantage que la liberté de travailler, de vivre et de se déplacer comme si les frontières n'existaient pas ? Pour la génération Erasmus, il s'agit là d'un droit qui va de soi et qui est vécu au quotidien : évoluer dans un espace sans frontière et sans contrôles des papiers. Allons-nous nous laisser priver de cela ?

Celui qui porte atteinte à l'espace Schengen sape les fondements de l'Union européenne!

Ce n'est pas le repli derrière les frontières nationales mais une action solidaire et commune pour contrôler les frontières extérieures de l'UE et une gouvernance commune de l'espace Schengen au niveau de l'UE qu'il nous faut pour résoudre les problèmes.

L'euro était censé regrouper les peuples d'Europe. Pour l'heure, il risque de devenir un symbole d'égoïsme national, voire de division.

Un retour aux monnaies nationales entraînerait, sur les plans politique et économique, des pertes catastrophiques. Au lieu d'être un acteur à l'échelle planétaire disposant d'une monnaie de réserve, nous retournerions à la petitesse nationale et cela s'accompagnerait d'une perte d'influence dans la politique mondiale.

Nous ne progresserons que dans l'union. C'est pourquoi nous avons besoin, à côté des trains de mesures d'économies, d'initiatives en faveur de la croissance.

Le Parlement réclame depuis longtemps un pacte pour la croissance. Nous savons en effet qu'en faisant cavalier seul, les États nationaux seront engloutis dans le maelstrom des marchés financiers mondiaux. Nous ne pourrons résister à la décadence économique de l'Europe et au chômage croissant qu'ensemble. Les représentants du peuple réclament depuis longtemps un changement de cap en Europe. Des budgets équilibrés sont nécessaires, notamment pour des raisons d'équité entre les générations. Nous rejetons les diktats de rigueur unilatéraux, nous approuvons les économies qui s'accompagnent d'initiatives pour la croissance.

Nous réclamons, depuis longtemps aussi, des ressources nouvelles, comme une taxe sur les transactions financières, l'endiguement de l'évasion fiscale et des obligations liées à des projets d'investissement dans le domaine des infrastructures.

Si nous prenons au sérieux l'idée d'une l'initiative européenne en faveur de la croissance, nous devons indiquer clairement comment elle est censée fonctionner et prévoir les moyens financiers nécessaires au lieu d'amputer le budget de l'UE de manière arbitraire et démagogique. Le budget de l'UE est un budget d'investissement qui doit permettre de donner une impulsion à la croissance économique et de créer des emplois. Celui qui opère des coupes dans celui-ci hypothèque notre avenir commun.

À l'heure actuelle, personne n'a plus grandement besoin d'un pacte pour la croissance que les jeunes. En effet, la jeunesse européenne risque de faire les frais de la crise financière, voire de devenir la génération perdue du continent. Or les jeunes ne sont pas responsables de la crise. Il n'empêche qu'ils paient un prix disproportionné pour le sauvetage des États et des banques. Aujourd'hui déjà, un Européen âgé de moins de 25 ans sur quatre est au chômage, et dans nombre de pays, un sur deux.

Des investissements dans le domaine des études supérieures et des améliorations des possibilités de formation constituent les placements féconds. C'est de la solidarité concrète. Quand l'UE, en agissant efficacement pour éviter de sombrer dans la récession, quand, ce faisant, elle permet de sauver des emplois et d'en créer de nouveaux, nous voyons là la solidarité à l'œuvre.

L'Europe est forte quand elle est unie et solidaire. Il faut que nous comprenions enfin cela pour éviter à l'Europe de perdre son sens.

Nous entendons renforcer la démocratie en Europe. Les citoyens et les citoyennes attendent des processus décisionnels transparents et des choix entre des options politiques bien définies. Nous entendons rester fidèles à la solidarité, nous opposer aux égoïsmes nationaux. L'équilibre entre riches et pauvres, grands et petits États membres a toujours servi l'intérêt général.

Nous devons ne pas perdre de vue que nous sommes une communauté de valeurs. Cela est au cœur même de notre identité. Nous entendons assumer nos responsabilités à l'égard du monde. Un an après le début du Printemps arabe nous devons nous engager aux côtés de nos voisins dans le processus de transformation qu'ils ont entamé.

D'aucuns affirment que l'idée de davantage d'Europe ne fait pas florès. Je n'en crois rien. Le vif intérêt qu'ont suscité les scrutins grec et français de la fin de la semaine dernière montre que ces évènements ont été perçus comme relevant de la politique intérieure européenne. Cela montre combien les gens ont conscience d'être dépendants les uns des autres et que les carences dans un pays posent problème à l'ensemble de l'économie européenne. Cela montre que les gens savent que les solutions doivent être trouvées en commun.

Même dans la situation actuelle, l'Union européenne représente l'expérience politique et sociétale la plus réussie de l'histoire. Depuis le début du processus d'unification, avec le plan Schuman de 1950, en passant par l'étape fondamentale du marché commun inscrit dans le traité de Rome de 1958 et jusqu'à aujourd'hui, maintenant que la Communauté compte 27 États membres et 500 millions de citoyens, le projet européen a connu une évolution extraordinaire.

Le Portugal, l'Espagne et la Grèce se sont débarrassés de la dictature. Il y a deux décennies, le mur de Berlin a été abattu, l'Union soviétique a éclaté, ouvrant la voie à l'unification de l'Europe. L'élargissement vers l'Est a mis fin définitivement à la scission artificielle de 'Europe que représentait le rideau de fer.

La perspective de l'adhésion a aidé à la transformation pacifique des pays d'Europe centrale et orientale, contribuant ainsi à la sécurité, à la stabilité et à la prospérité sur tout le continent. Nombreux sont ceux qui escomptaient que l'adhésion à l'UE change les nouveaux États membres. Rares sont ceux qui entrevoyaient à quel point les nouveaux États membres changeraient l'Union européenne dans le bon sens. Les pays d'Europe centrale et orientale ont apporté leurs expériences politiques et historiques, enrichissant ainsi la perspective européenne. Je suis fier d'avoir succédé comme Président du Parlement européen, à mon collègue polonais Jerzy Buzek.

L'Europe se caractérise par le partage de valeurs communes: démocratie, liberté, solidarité et droits de l'homme. Jamais au grand jamais nous ne saurions oublier ceux qui ont consacré leur vie à la lutte contre l'oppression, pour la liberté et la démocratie. Le rideau de fer, les dictatures d'Europe méridionale ne sont pas tombés spontanément, ils ont été renversés par des manifestations pacifiques des citoyens s'opposant à l'oppression. Certains de nos collègues ont participé à ce processus. Nous devons leur en être reconnaissants. Aujourd'hui encore, ils constituent des exemples pour des défenseurs de la liberté dans le monde entier, en dernier lieu ceux qui ont participé au Printemps arabe.

Voici il y a plus de 60 ans commençait une révolution tranquille qui allait transformer le monde durablement. L'Europe a montré qu'il était possible d'associer démocratie, justice, liberté et solidarité à l'intérieur de notre modèle de société.

Ce modèle, il se caractérise aussi par la liberté de la presse, une justice indépendante, la sécurité sociale, le libre accès à la formation et des possibilités d'ascension sociale pour tous, la démocratie parlementaire et la participation politique, l'égalité des droits et des droits civiles garantis, les normes sociales environnementales les plus rigoureuses de la planète, mais ni le travail des enfants ni la peine capitale. Nous avons créé une société dont le centre est la personne humaine.

C'est la société dans laquelle je souhaite vivre. J'aimerais que mes enfants et mes petits-enfants aussi puissent vivre dans cette Europe. La pérennité de notre mode de vie n'est nullement garantie. Nous avons besoin de l'Europe pour défendre notre modèle démocratique et social, précisément en cette période de mondialisation. Il ne saurait être question de considérer l'acquis comme définitif: il doit constituer une conquête de chaque jour.

En cette Journée de l'Europe, nous devons nous souvenir d'où nous venons et avoir conscience de ce que nous avons réalisé. Non pour nous tresser des couronnes de lauriers mais parce que l'histoire nous engage à défendre l'acquis et qu'elle nous montre la voie à suivre demain.

Je vous remercie de votre attention.


et agir

Réflexions et propositions pour l'avenir
- Déclarations
• ME-F
○ Yannick Hoppe
○ Le manifeste

• Solidarité et responsabilité, de J. Vignon
• Au delà de la crise, l'espérance, d'Andrea Riccardi
• L'Europe, une aventure spirituelle, de J. Delors

- Ouvrages
• Qu'avons-nous fait de l'Europe, de S. Maillard
• R. Schuman et l'Europe d'aujourd'hui
• Europe : Amour ou chambre à part, de S. Goulard
• Pour l'Europe de R. Schuman
• R. Schuman, le père de l'Europe de René Lejeune

- Rapports
• Vivre ensemble au XXI siècle, Conseil de l'Europe :
○ Résumé
○ Rapport
• Europe et migrations


- Propositions
• Fondation Robert Schuman :
○ Réforme de l'Union
○ L'Europe dans la mondialisation
○ L'Europe sociale

○ L'Union politique
○ Coûts salariaux

Les initiatives et évènements
- Apprendre à vivre ensemble en Europe

- Spectacle
• Le procès de Robert Schuman

- Pétition

Les performances de l'Europe
- Commerce international
• Eurostat
○ L'UE dans le monde


Préparation des élections européennes
• Manifestations Maison de l'Europe :
○ Février
Janvier
• Manifestations Mouvement Européen
• Prix européen 2014 - Ensemble pour l'Europe


L'europhobie
• Pourquoi l'europhobie ?

Les médias et l'Europe
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Perspectives après les élections européennes
- Position
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○ Communiqué
○ Programme

• de Notre Europe
○ Nouveau président
○ Réforme

• de la Fondation Robert Schuman
○ Que changer ?







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