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Austérité, rigueur et croissance en France et en Europe

Depuis quelques années, le débat est permanent au niveau européen entre ceux qui accordent la priorité à l’assainissement des comptes publics et à une politique de réformes pour renforcer la compétitivité et ceux qui considèrent que des mesures de relance sont prioritaires pour assurer la croissance et lutter contre le chômage.

Et si c’était un faux débat ?

Définitions :

  • Nous appelerons « rigueur » ce qui est exigé par une bonne gouvernance ; l’attitude contraire étant le « laxisme » ou le « gaspillage » ; rigueur et croissance ne sont pas incompatibles, bien au contraire si l’on se réfère par exemple au management des entreprises.

  • Nous appelerons «  austérité », une gouvernance privilégiant les restrictions, les sacrifices de la part de la population et des institutions ; cette gouvernance, souvent pour des raisons idéologiques, renonce à une gestion équilibrée et dynamique : l’austérité n’ accorde plus la priorité à la croissance et à l’emploi, mais au rétablissement des équilibres comptables des institutions publiques, à la baisse coûte que coûte des prélèvements et des dépenses publiques et à la réduction de toute assistance et de toute protection ; cette politique devient inévitable si les dérapages laxistes sont trop insupportables.

Les institutions européennes imposent-elles réellement une politique d’austérité à la France et aux autres pays européens ?

  • Sur le plan budgétaire : la politique européenne vise surtout à lutter contre le laxisme budgétaire excessif de certains Etats Membres.

Les obligations imposées par l’Europe et acceptées par les Etats Membres ne sont pas extrêmement restrictives (avec un plafond de déficit de 3% de la PIB) d’autant que la Commission Européenne les applique avec une certaine souplesse ; mais certains Etats sont allés tellement loin dans le laxisme qu’ils n’ont pas eu d’autre choix que de restreindre très sévèrement leurs dépenses publiques et d’augmenter leurs impôts ; cela ne peut être considéré comme de l’austérité mais comme le retour à une politique sérieuse et rigoureuse : Europe ou pas, il leur était impossible de maintenir une politique aussi laxiste ; cela est vrai également pour la France ; mais,ce qui peut se discuter, c’est le rythme retenu pour la remise en ordre ; mais l’Europe n’est pas fermée sur ce point.

  • Sur le plan monétaire : même avec un euro fort, la politique monétaire européenne est favorable à la croissance ; mais à une croissance sur des bases saines.

Selon certains, l’appartenance à la zone euro, avec une monnaie en hausse par rapport aux autres grandes devises ne favorise pas la croissance des exportations hors de la zone euro ; on peut rétorquer à cet argument que vis-à-vis des pays à bas salaires, cela ne joue pas et que par ailleurs la zone euro connait un excédent commercial substantiel.

En revanche cette appartenance permet d’obtenir de très bas taux d’intérêt et d’attirer des capitaux, ce qui est favorable aux investissements.

D’autre part, pour lutter contre les risques d’inflation, la politique européenne se refuse à inonder les marchés de liquidités pour faciliter artificiellement la croissance.

Cependant la BCE agit en maintenant des taux d’intérêt extrêmement bas, et en offrant aux banques des liquidités très abondantes pour financer les entreprises ; elle réussit progressivement à modifier la parité dollar/euro.

À contrario, la Grande Bretagne, le Japon et les Etats Unis ont obtenu plus de croissance, tout au moins à court terme, en laissant décroitre sensiblement la valeur de leur monnaie avec une politique monétaire très laxiste.

Malgré ces dévaluations, les gains en compétitivité vis-à-vis des pays de la zone euro n’est pas démontré d’autant que l’inflation plus forte dans ces pays annule progressivement les supposés avantages de ces dévaluations ; la croissance intérieure alimentée par ce laxisme monétaire n’est pas toujours très saine : bulle immobilière, bulle informatique, bulle financière, endettement des ménages, surendettement des Etats, etc.

La sortie de la France de la zone Euro, accompagnée de fortes dévaluations et de l’utilisation de la planche à billets pour financer les déficits serait une illusion totale qui conduirait à des résultats catastrophiques d’une ampleur incommensurable.

  • Le choix par certains Etats Membres de la mise en place de réformes préconisées par l’Europe a plutôt été favorable à la croissance de ces Etats Membres.

Pour améliorer la compétitivité des pays et des entreprises de ces pays, ces réformes visent à alléger les dépenses publiques et à favoriser la souplesse du marché du travail donc à aboutir à moins d’interventionnisme, moins d’assistance sociale, moins de protection, donc moins de charges pour les entreprises et les consommateurs ce qui en théorie est plutôt favorable à la croissance et à l’emploi.

Beaucoup d’experts considèrent que c’est l’absence de réformes en France qui est la principale cause de la stagnation de l’économie française ; la comparaison avec l’Allemagne, qui a lancé de profondes réformes depuis 10ans, est particulièrement éloquente.

Le danger, c’est la surenchère ultralibérale entre les pays européens concurrents ; le Royaume Uni est allé très loin dans les sacrifices demandées à sa population ; le bilan en terme de compétitivité durable n’est pas aussi probant que pour l’Allemagne.

En revanche l’imposition par l’Europe de réformes brutales, et dans des délais très brefs, aux pays au bord de la faillite : Grèce, Espagne, Irlande, Portugal, Italie se traduisant par des baisses drastiques des dépenses publiques, de la protection sociale, des rémunérations, a provoqué incontestablement des récessions très sévères mais laisser ces pays tomber dans la faillite aurait entrainé des conséquences infiniment plus graves ; cependant, ces pays sont loin d’être assainis et le redémarrage de la croissance n’y est pas assuré.

Ce qui a manqué, en complément de ces politiques très rigoureuses, ce sont des mesures de relance européennes ciblées particulièrement sur ces pays.

La France s’est-elle vraiment engagée sérieusement dans une politique d’austérité ?

  • Au niveau de la politique budgétaire, l’Etat s’efforce depuis plusieurs années de retrouver l’équilibre de ces comptes, mais en évitant de prendre des mesures trop douloureuses.

En effet, depuis 2012, les hausses des prélèvements ont porté surtout sur les entreprises, mais en 2014 le pacte de compétitivité prévoit des allègements de charges pour ces mêmes entreprises ; les ménages, surtout les classes moyennes, enregistrent des hausses fiscales non négligeables, mais des mesures correctrices sont prévues pour les bas revenus ; le Gouvernement se décide ensuite à appliquer une politique de réduction des dépenses publiques au niveau de 50 milliards d’euros ; mais ces réductions de dépenses sont des faux semblants puisqu’elles sont obtenues principalement par le blocage (non augmentation) des revenus sur les prochaines années.

Il est donc faux de qualifier ces mesures de véritable politique d’austérité (qui se traduisent par des réductions de revenus, des suppressions de crédits et la diminution du nombre d’employés) ; le déficit des comptes publics restant d’ailleurs au niveau de 4% et le taux de prélèvements publics continue de croître !

  • Au niveau de la politique monétaire : la France n’est plus aux commandes mais s’efforce de jouer de son influence pour que l’Europe adopte une politique monétaire plus dynamique ; elle y est arrivé partiellement ;

  • Au niveau de la politique de réformes, la France s’efforce de préserver son système social et son droit du travail en réformant a minima, même quand il est prouvé que tel ou tel dispositif est un frein pour la croissance et l’emploi.

Il est clair que non seulement la France ne pratique pas une politique d’austérité mais qu’elle s’engage à reculons vers une politique rigoureuse pour relancer l’emploi et la croissance.

Comment mener une politique de croissance en Europe ?

La relance des investissements : une grande priorité européenne pour les cinq ans à venir.

  • Les besoins sont considérables :

    - pour les seuls grands projets d’infrastructure : transports, énergie, nouvelles technologies, ils sont évalués à 2000 milliards d’euros pour les 5 prochaines années ;

    - s’y rajouteront la nécessité de financer davantage la recherche et l’innovation au niveau européen, la reconversion de l’activité économique pour protéger mieux l’environnement, le financement des PME, etc.

  • Les outils institutionnels européens et leurs savoir-faire sont particulièrement adaptés pour gérer un tel programme d’investissements :

Les outils européens existent pour mener cette politique de relance en particulier avec la Banque Européenne d’Investissements et les fonds structurels européens ; leur expérience et leur savoir faire sont particulièrement précieux.

Les conditions préalables :

  • L’adoption et mise en œuvre par les gouvernements européens, au niveau de chaque Etat Membre, des principes et des mécanismes d’une gouvernance rigoureuse et concertée, évitant les dérapages des déficits publics et favorisant la compétitivité des entreprises :

Les Etats rigoureux comme l’Allemagne ayant déjà effectué les sacrifices pour redresser leur situation voient d’un mauvais œil ceux qui tardent à le faire ou poursuivent des politiques laxistes comme la France : ils ne cèderont rien sur des mesures de relance sans garantie de sérieux de leurs partenaires peu fiables ; mais c’est aussi l’intérêt de chacun d’assainir son économie pour éviter un enchainement fatal vers la faillite.

  • Une politique du donnant-donnant :

C’est seulement en démontrant son sérieux en matière de gestion rigoureuse de son économie et de recherche de compétitivité, que la France pourra obtenir des mesures de relance au niveau européen recommandées par le FMI, acceptées par la BCE et retenues comme prioritaires par le nouveau Président de la Commission Européenne.

  • Le renforcement indispensable du rôle de conception et d’impulsion de la Commission :

Nulle autre que la Commission peut concevoir, animer et mettre en œuvre une politique de relance économique pour l’ensemble de l’Europe ; elle réunit les compétences nécessaires, elle gère les outils appropriés et elle offre les meilleures garanties d’impartialité.

La mise en place prochaine de la nouvelle Commission, sous l’autorité de Mr Junker, offre une opportunité exceptionnelle ; nul doute qu’elle obtiendra le soutien du Parlement pour une telle politique de relance.

  • La recherche de relais aux financements publics étatiques :

Les Etats ne sont plus en mesure de prendre en charge ces grands projets d’investissements ; c’est pourquoi le relais doit être pris au niveau européen par une meilleure mobilisation des ressources de l’Union Européenne , mais aussi par la mise en place de nouveaux outils permettant d’obtenir le concours d’investisseurs institutionnels ou de fonds de pension.

C’est d’ailleurs dans cet esprit que la Commission et la BEI ont mis au point les obligations projets qui commencent à devenir opérationnels.

Il ne peut être que bénéfique pour l’avenir que l’UE dont le budget actuel représente à peine 1% de la Pib, soit dotée de ressources propres lui permettant de jouer enfin un rôle déterminant en faveur de la croissance de l’économie et de l’emploi.

Au moment où se met en place la nouvelle Commission, au moment où les derniers Etats laxistes (en particulier la France) s’aperçoivent qu’ils ont tout à gagner à devenir sérieux, au moment où les risques d’inflation ont disparu pour laisser la place au risque de déflation, au moment où les économies européennes stagnent et où le chômage s’accroit, toutes les conditions étant réunies, le temps semble venu de lancer sans tarder une politique de relance en Europe en soutenant les investissements d’avenir. Il fallait d’abord que tout le monde comprenne que la rigueur était nécessaire ; la leçon a été rude mais les mauvais jours sont derrière nous.




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